Entrevue avec M. Patrick Bilodeau (1926)

En se reportant en 1926, voilà un peu la situation du petit village. Ces données ont été dictées lors d'une entrevue avec Mme Nicole Bergeron Tremblay en juin 1980. Arrivé en 1926, j'avais 18 ans, je me suis installé sur un lot de terre à coloniser. Comme rémunération, nous avions $10. 00 pour un arpent de terre qu'on ne brûlait pas et $15. 00 par arpent de terre s'il y avait brûlage d'abattis.

 

 

 

 

 
 
La petite chapelle
 

A cette époque, où se trouve le magasin Darveau au coin, il y avait un camp appartenant à Alfred Desjardins, c'était couvert d'aulnes et de foin bleu. La petite chapelle était construite, l'Abbé Henri Tremblay y disait la messe. Le village commençait chez Joseph Bouchard (Dominique Cantin) et finissait chez Donat Forget (Robert) et Joseph Lavoie (aujourd'hui Jean Claude Nadeau) en tout il devait y avoir 11 maisons. Alfred Desjardins demeurait sur le lot 14 rang 13 canton Girard (Louis Boudreau) , il avait le bureau de poste et une petite épicerie. Georges Sasseville restait en logement dans une maison appartenant à Oscar Leclerc (Aujourd'hui Jean Sénéchal) et avait aussi un petit commerce pour desservir les colons. En 1928, il bâtit un magasin au coin de la route menant à Dumais où se trouve le petit parc près des logements de Roger Bergeron ; juste à côté se trouvait le magasin de Georges Desjardins. Ces 2 bâtisses ont brûlé au printemps 1939. Il y avait aussi une écurie en arrière du magasin à Sasseville, on y logeait nos chevaux pour assister à la messe, ça coûtait $8. 00 par année pour la location d'une stalle. Cette écurie est devenue la boutique à Roméo Desmeules. A la fin des années 40, il y eut construction d'une Dalle par Price Brothers ; on retrouvait sur le parcours un gardien à tous les demi milles, ils étaient reliés par téléphone au cas où il y aurait un embâcle.

J'ai aussi participé à la construction de l'église en 1928. C 'était des corvées, les équipes d'hommes se changeaient à raison d'un rang par jour. Dans le cours de l'après-midi M. le Curé donnait un verre de vin à chaque homme. Le repas du midi, fourni gratuitement au sous-sol du presbytère. Pour terminer cet entretien, je veux aussi vous dire que ma femme Yvette cardait et filait la laine, tricotait et cousait pour toute la famille et à travers tout cela fabriquait le beurre et cuisait le pain.