Entrevue avec M. Louis Côté (1913)

(Entrevue de Alice Lavoie Simard)

Je suis parti de Montréal pour arriver à Saint-Thomas-Didyme le 13 novembre 1913, âgé de 7 ans presque 8, car je suis né le 15 décembre 1905. Nous sommes arrivés par le train à Roberval ; en tout 2 jours de trajet, car de Roberval, c'était la voiture avec un cheval, nous avons dû racheter un autre cheval puisque le voyage était trop dur pour celui que nous avions.

Le premier hiver, nous le passons dans un camp construit en face de chez Joseph Mailloux (Bernard Lavoie), ce camp appartenait à Alfred Potvin (le premier maire ) voisin sur la côte, c'était un Toupin où Jean Baptiste Leboeuf a élevé sa famille. Philias Laurendeau était sur la terre voisine avec ses frères : Yvon, Eugène et Arthur.

 

 

 

 

M. Louis Côté

 

La terre où on a connu Adéodat Fortin était habitée par Alfred Tremblay, le père de Georges. Un Gauvin était résidant à la place de chez Odilon Fournier ( Hugues Lapointe ), à côté demeurait Edmond Guay. Arsène Simard demeurait au coin (Dominique Guay), c'était un oncle à Vincent Simard, cet Arsène Simard allait chercher la malle 2 fois par semaine à Normandin. A la place de chez Idola Simard, c'était Jos.-F. Paquet (Bidou). Sur la côte du Calvaire, il y avait Joseph Bouchard et ses beaux-parents : M. Mme Bernard Larouche qui demeuraient avec eux. Ils étaient les grands-parents des enfants à Zéphir Girard et des enfants à Joseph Bouchard ; ils sont décédés en 1918 de la fameuse grippe espagnole. Comme dernier résidant, il y avait une famille d'Américains, composée du père, de la mère, de 3 garçons et de 2 filles, ils venaient passer les étés là et retournaient aux États-Unis pour la saison hivernale.

Louis Fournier, le père de Louis d'Or avait un moulin à scie. Vers 1920, il construisit une fromagerie.

La première maîtresse d'école, celle qui m'a enseigné était: Vitaline Gingras (J.-Baptiste Laliberté ), c'est la mère de Irène Laliberté ( Mme Patricien Tremblay ), elle enseignait dans la maison d'Adéodat Fortin, elle avait 15 élèves et elle pensionnait chez Arsène Simard.

J'ai connu ma femme : Albertine Dion, en me rendant au mois de Marie à la petite école, au pied de la côte du Calvaire, elle restait avec sa soeur Alice qui enseignait là.

Le seul sport qu'on pratiquait était le "baseball". Les pratiques se faisaient dans la cour en arrière de chez nous. Les arbitres étaient tour à tour Jos.- F. Paquet (Bidou ) et Joseph Biron qui demeuraient dans le rang. Ils avaient appris ce jeu aux États-Unis. Comme joueurs, on avait Omer et Viateur Perreault, Gérard, Philias, Georges et Roland Paquet, Noé et Charles Gravel, quelques indiens également, comme Jimmy et Ti-Loup Raphaël. On pratiquait avec des bâtons fabriqués à la maison, mais, voilà qu'une bonne fois Édouard Lavoie arriva avec un vrai bâton réglementaire qu'il s'était procuré en Ontario où il avait travaillé et joué au "baseball". On lui achète donc le bâton et on le rentre dans l'équipe avec nous. On joue contre Normandin, les équipes du rang Nord, du rang 10 et du village. On a jamais gagné. Il nous manquait toujours des joueurs ou pour une raison ou une autre, on ne pouvait pas gagner. Cependant, je me souviens d'une fois où on aurait eu la chance de gagner puisque le lanceur de Normandin s'était fait blessé, mais, plutôt que de le remplacer par son substitut, ils avaient eu trop peur de perdre et ils ont discontinué la partie. On était bien déçu, mais, on jouait quand même, on aimait çà, on était habitué de perdre.

 

La Famille de M. Louis Côté

Un autre sport qu'on pratiquait, c'était le patin, mais pas les patins d'aujourd'hui, c'était des lames qu'on attachait en dessous de nos chaussures. Imaginez-vous bien qu'on se renversait les pieds sur tous les sens, mais, ça faisait rien, on s'amusait ferme sur la petite rivière, on était heureux, on ne connaissait pas mieux.

On se demande peut-être d'où vient la résistance de Louis Côté (92 ans ), notre doyen ? Je crois la trouver : c'est le résultat de tous ses efforts : travail, persévérance et joie de vivre. Nous vous devons beaucoup de respect pour ce que vous êtes et que vousavez été pour tous vos concitoyens.