Installation d'une fromagerie au village de St-Thomas-Didyme

(Récit raconté par M. Raymond Simard en 1971)

La société coopérative de 1935

Vers 1935, une société coopérative agricole fut formée sous l'égide de Télesphore Thibeault. Ce dernier fit donner l'information voulue par un employé du gouvernement, qui a réussi à obtenir un ontroi et un permis pour la construction d'une fromagerie, au village de Saint-Thomas-Didyme.

 

 

 

 

La fromagerie 1937

La société possédait un crible, un sarcleur, un arrache-patates et un coupe-cornes qui servaient à tour de rôle aux sociétaires. Joseph Coutu a été secrétaire plusieurs années. Le dernier secrétaire fut Raymond Simard jusqu'au temps que la fromagerie soit fermée, soit au début des années 1960. Le charroyage du lait se faisait par camion. Chaque cultivateur avait son bidon qui était recueilli pour le transport à la fromagerie de Normandin. Les transporteurs de bidon furent : Jean-Paul Bhérer et Albert Bouchard.

Une coopérative agricole était déjà existante pour divers besoins de la population. Vers l'an 1937, on décide d'installer une fromagerie au village pour accommoder tous les cultivateurs; mais voilà que pour que ce projet prenne de l'ampleur et surtout pour qu'il se maintienne, il fallait acheter la fromagerie de M. Louis Fournier qui était construite et fonctionnait depuis 1920 dans le rang 10 canton Girard. C'est dans cette partie de la paroisse que se trouvait les plus gros producteurs de lait avec quelques producteurs du nord de Normandin ; ces derniers se joignaient à eux étant donné qu'ils se trouvaient à proximité de cette fromagerie.

Ce changement que notre paroisse leur demandait a créé un choc terrible à ces cultivateurs étant donné que cette situation les éloignait et les désavantageait beaucoup. Un conflit éclata et il y eut division. Un groupe d'environ neuf (les plus gros producteurs) s'organisèrent pour transporter leur lait à Normandin, ce qui en somme donnait la même distance que de venir au village de Saint-Thomas. Mais le choc avait été si fort qu'ils refusèrent de venir à la fromagerie de notre paroisse, ce qui eut pour effet de faire démarrer la fromagerie très lentement. On peut dire que cette situation presque dramatique dura toute une génération jusqu'au temps où ces propriétaires se virent dans l'obligation de transférer leurs biens à leurs descendants. Ces derniers ont compris que pour la rentabilité de la fromagerie de leur village, il fallait revenir, ce fut fait pour l'évolution et la bonne entente de notre paroisse.

 

Georgette Gingras et Adéline Paré.
En arrière, la première fromagerie de M. Louis Fournier bâtie en 1920. (M. Edmour Fortin est demeuré dans cette maison.)

Les fromagers qui ont œuvré chez Louis Fournier sont : Léo Bernard, Élie Dion suivi de Stanislas Paradis. Ce dernier fut donc le premier à œuvrer à la fromagerie du village (rang 12 canton Girard) au site actuel de la maison de M. Denis Tremblay, maire ; lui a succédé Méridé Filion, Aurèle Gilbert et Lorenzo Houde qui a eu comme assistant : Alphonse Bellemarre, Paul Émile Leclerc et par la suite Jean Coutu qui devint le dernier fromager ayant œuvré à cet endroit.

La morale de ce récit est qu'on doit se dire : "Qu'est-ce que je peux faire pour le bien de ma paroisse ?"Et non "Qu'est-ce que la paroisse peut faire pour moi. ?

Raymond Simard