|
|
|||||
Ensuite, j'ai été au chantier au lac à Jim pour Albert Darveau (Pitre). On travaillait à l'heure, 50 à 60 heures par semaine. Notre camp d'environ 20 par 30 pi. , on couchait sur des "beds à bœuf" (lits ). C' était des tablettes à 18 pouces de terre par 30 pieds de longueur ; soit:2 rangées une au-dessus de l'autre, on mettait des branches de sapin et un peu de foin, on se couchait tous cordés les uns contre les autres. Si la vermine prenait, imaginez que les poux rentraient. Nous avions une couverture de laine grise, car, on ne chauffait pas la truie (Poële) durant la nuit. La cuisine n'était pas loin de nos beds, l'espace était restreint. On faisait le bois de chauffage à chaque soir et à chacun son tour. On montait l'automne pour l'hiver; parfois, on avait une passe pour Noël et le Jour de l'An. Le bois était bûché au sciotte, des billots cordés le long d'un chemin. Deux "chartiers" pour charger les billots à bras ; le bois était plus gros qu'aujourd'hui (12 pi. de longueur et 7 po . au plus petit bout). Je me souviens d'une talle d'épinette blanche de 22 po . de diamètre, on avait chargé ça à 2 hommes, on les roulait et les montait sur des ranches, pour les déposer sur les sleighs. En 1949-50, j'ai eu un moulin portatif dans la forêt ; on sciait du 12 pi. de longueur, on faisait brûler les croûtes, j'ai fait cela jusqu'en 1959. Je me souviens qu'en 1953 dans la forêt mon moulin portatif avait brûlé. J'étais au village, il y en a un qui m'appelle du dépôt à Murdock et il me dit : "je n'ai pas qu'une petite nouvelle à t'apprendre, ton moulin est brûlé". Après, j'ai appelé chez Arthur Trottier à Dolbeau et lui ai demandé s'il avait un moulin portatif prêt à opérer ?, Oui, dit-il. Garde-moi le, je vais le chercher demain. C'était en Mars, ça pressait à cause du dégel du printemps. J'arrive en haut (camp), les gars me regardent tous, la face blême car j'avais un moteur neuf de 4 000 $ qui venait de brûler ; je n'avais pas d'assurance dessus. On se couche, je me suis endormi. Le foreman le lendemain matin me regarde et dit : C'est vrai que tu n'es pas nerveux. Moi, je n'ai pas dormi de la nuit à cause de cela et toi tu ronflais comme un bon". Le vendredi, nous étions prêts à continuer à scier.
|
|||||
|
|||||
|
|
|||||